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Ce loisir les soudait toutes les après midi et c'est
avec joie que Lise rejoignait son compagnon de plongée. Ils observaient
le milieu avec intérêt, mais jour après jour leurs yeux se
croisèrent de plus en plus souvent en se souriant. Le jeu avec les poissons
de toutes tailles était leur joie mais personne ne les voyant, ils se frôlaient,
se tenaient la main, inventaient des chorégraphies burlesques ou romantiques
: ils étaient tout simplement heureux, dans leur élément
tout naturellement.
Plus le temps passait, et plus leur
complicité était totale. Une belle après midi, alors qu'il
rejoignait le centre, John prit un papier et écrivit : " Je veux que
tu sois ma femme
Je t'adore et j'ai vraiment besoin de toi. Dis moi oui et
je te rendrai la plus heureuse, à deux nous serons plus forts ".

Elle
le regarda en souriant mais elle fit non de la tête ; il en fut surpris
mais vit qu'elle lui montra la mer et en posant la main sur son propre cur
lui fit comprendre que cette demande n'avait qu'un lieu possible : le fonds bleu
azur ! Il comprit et dès le lendemain, dès la
première plongée, la regarda et se plaça à quelques
mètres d'elle. Il mit ses bras au dessus de lui en forme de cur et
attendit la réponse. Comme une flèche elle s'élança
pour passer entre ses bras comme une flèche transperçant son cur
! Il vit qu'elle lui répondait oui ! Alors ils se lancèrent dans
une danse aussi folle qu'esthétique, très tendre au milieu de poissons
colorés, minuscules et géants, comme si tout le monde sous marin
avait compris que ces deux drôles de poissons harnachés de combinaisons
fluorescentes étaient des leurs !! La raie géante, le mérou
aux yeux globuleux, les rascasses rougets et autres poulpes dansaient une sarabande
effrénée autour d'eux dans un océan de bulles.

Dire
qu'ils étaient heureux serait faible tant ils étaient aux anges,
dans un autre monde où ne régnaient que la complicité et
l'harmonie.
Quand ils rejoignirent
leur famille, sourire aux lèvres et qu'ils écrivirent sur un papier.
" Nous sommes amoureux, laissez nous vivre ensemble, le silence n'est plus
un problème pour nous " tous comprirent que ces deux là avaient
dépassé leur handicap et que le mauvais tour que leur avait joué
la vie était oublié et dépassé. Tout
s'enchaîna vite, tant ils étaient décidés à
ne plus laisser le temps leur dicter sa loi ; ils se marièrent et même
si leur oui fut silencieux, il en fut intense et d'une force incroyable. Ces
deux là s'aimaient et la qualité de leur silence valait mieux que
les flots de paroles que beaucoup prononce. Ceux qui aiment vraiment peuvent
se dire plus avec leurs yeux que les plus grands romantiques le font avec leurs
mots. MORALITE : " Aimer se dit d'abord avec le
cur ".
Le
monde du silence1 |