
Les derniers mots d'amour
QQuand
mes tempes auront blanchi
Et que la nuit tombera sur ma vie,
Je sais qu'alors
seul devant le miroir
J'écouterai en tremblant les bruits du soir.

Mes
yeux ne verront-ils des choses que la surface
Ou bien iront-ils chercher la
vérité sous la glace ?
Cet homme nu et désarmé
face à l'avenir
Aura-t-il le courage de se voir et de se dire :
"
As-tu fais de ta vie le plus merveilleux parcours ?
Es-tu sûr d'avoir
donné le meilleur à ton amour ?
As-tu été assez
généreux avec ton prochain ?
Ne t'es-tu pas laisser griser par
l'appât du gain ? "

S'il
me reste assez de lucidité et de raison,
J'espère qu'à
l'aube de ma dernière saison
Je saurai encore humer avec ivresse la
rose
Et taquiner avec humilité le vers ou la prose.
Délaissant
enfin la vanité des hommes
Et redevenant aussi insouciant qu'un môme
Je
veux pouvoir rire, pleurer ou chanter
Tout essayer et enfin, sans peur, tout
tenter.

Mais
je demanderai au destin que mes derniers instants
Soient les plus intenses,
les plus palpitants,
Et surtout qu'il me soit donner le bonheur
De t'admirer
encore une fois, encore une heure.
Que je trouve enfin les
mots les plus vrais, les plus doux
Pour te dire avec tendresse, ma tête
sur tes genoux,
Que tu as été le soleil de ma vie chaque jour,
Que
tu as été l'âme et le visage rêvé de l'amour.

Je
voudrais te dire merci de me donner l'impression
D'être encore le centre
du monde et l'unique objet de ta passion.
Pour toi chérie, j'ai essayé
d'être le plus grand et le plus fort
Autant dans ma tête et mon
cur que dans mon corps.
Tu es une femme si merveilleuse
et si extraordinaire
Qu'il va m'être difficile de quitter cette terre.
Tant
pis je préfère partir le premier, sans me retourner,
Le cur
brisé et meurtri mais, si heureux de t'avoir aimé.

Puisque
le passage dans ce monde est par nature éphémère,
Qu'il
nous faut perdre notre amante après notre mère,
Que les dieux
malgré tout acceptent mes remerciements
Car sans toi la vie aurait été
un trop cruel châtiment.