L'abeille et le coquelicot
 

Quand la nature embaume le lilas
Et que fleurissent roses et jasmin
J'aime errer, lentement, pas à pas,
Et rêvasser, seule, dans mon jardin.

Je m'assieds alors à même le sol
Sur ma pelouse d'herbes sauvages
Un chapeau de paille en guise de parasol
Une fleur glissée dans mon corsage.

J'aime alors humer avec délectation l'air ambiant
Et admirer les fleurs que je n'ai pas plantées
Et qui poussant en liberté, tout naturellement,
Sont si gaillardes, vivaces et colorées.

Le fragile coquelicot a ma préférence
Et quand j'observe sa délicate mue
Avec ses grands pétales de soie garance
Je suis toujours émerveillée et émue.

Le spectacle est d'autant plus beau
Quand quelques abeilles butineuses
Dansent un ballet autour du coquelicot
Comme des collégiennes heureuses.

Je peux rester là très longtemps
Immobile, insouciante, et fascinée
Par leurs va et vient incessants
En philosophant sur leur destinée.

Véritables forçats de la collecte de nectar
Elles vont l'apporter à leur unique reine
Depuis l'aurore jusqu'au soir très tard
Sans jamais ménager leur peine.

Une rapide pensée envierait leur environnement
Comme quand, dans des paradis lointains,
On réduit au rang d'esclaves de jeunes enfants
Dont nous ne voulons pas voir le quotidien.

Pauvres enfants de la misère
Qui ne pouvez pas rêver devant les coquelicots
Je n'ignore rien de votre galère
Et mon cœur pleure, avec vous, en écho.

Moralité :
Toute la beauté du monde
Ne devrait jamais nous empêcher,
Ne serait ce qu'une seconde,
D'agir pour toujours plus de solidarité.


 




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