Ils se voyaient en cachette de Miss Hamilton et échangeaient
des confidences, des projets, des rires et bientôt des
premiers baisers très chastes. Les jours brillaient un
peu plus gais pour eux mais, hélas, la vieille mégère
ne leur laissait que peu de loisirs.
John sortait alors avec son chien et son fusil et allait errer
près des étangs de la Combe, à la recherche
d'un lièvre, d'une perdrix ou d'une alouette. Il avait
l'habitude de s'asseoir près de la mare qu'il appelait,
" Mare des Diablesses " et ses longues promenades
éveillaient la curiosité de Mary. Hélas
pour elle le malheur vint à la frapper car, pendant un
hiver un peux plus humide que les autres, sa maman attrapa une
mauvaise grippe et en mourut. N'ayant plus de moyen d'existence
pour poursuivre ses études d'institutrice elle dut se
résoudre à remplacer sa mère en devenant
la femme de ménage du manoir.
Envolés les beaux rêves de mariage avec John, elle
devenait sa servante !
John, malgré tout, l'assura de son intérêt
pour elle et lui promit qu'à la mort de sa mère
il l'épouserait et vivrait avec elle une vie de bourgeoise
dans ce manoir.
Quelle promesse mais à quelle échéance
???
Les mois et les années passèrent et ils avaient
peu d'occasions d'être seuls pour vivre leur amour naissant,
la vieille mère faisant tout pour empêcher son
fils de voir la belle Mary.
John en était devenu triste et un peu plus casanier qu'auparavant
et il s'échappait des journées entières
dans la campagne avoisinante. Mary quant à elle avait
peu de temps pour lire ou rêver d'un futur plus radieux.
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