Mare des Diablesses
 

-L'histoire que je vais vous raconter se passe en Albionie, dans un pays humide de collines verdoyantes et d'étangs où les maisons sont rares. De- ci -de- là subsistent quelques vieux châteaux, qu'on dit hantés, et quelques grosses demeures bourgeoises.

Dans un vieux manoir vivait une dame âgée, Miss Hamilton et son fils John ; le maître des lieux, Mister Blake avait disparu en mer laissant à sa veuve un bel héritage ; la vieille dame y vivait recluse avec son fils à qui elle interdisait de travailler, voulant le garder à ses côtés pour sa sécurité.
Une servante vivait également au manoir avec sa fille Mary qui finissait ses études à la ville voisine et qui venait y séjourner tous les week- end et pendant les vacances du collège.

L'ambiance qui régnait dans ces lieux était plutôt tristounette et Mary se réfugiait dans la grande bibliothèque de l'étage pour rêver en lisant de vieux livres, dont la plupart parlaient des légendes du pays ou d'aventures de corsaires et de pirates. C'était sa manière à elle de s'évader de ce monde ; elle apercevait souvent par la fenêtre de la pièce, John, qui traînait son mal de vivre dans le parc et dans les champs alentours. Il était assez beau et bien que plus âgé d'une quinzaine d'années ne laissait pas indifférent la jeune adolescente qui, à travers lui, se voyait un jour régner en maîtresse des lieux, au milieu de chevaux, de chiens et d'enfants joyeux qui égayeraient les environs.

Ils se voyaient en cachette de Miss Hamilton et échangeaient des confidences, des projets, des rires et bientôt des premiers baisers très chastes. Les jours brillaient un peu plus gais pour eux mais, hélas, la vieille mégère ne leur laissait que peu de loisirs.

John sortait alors avec son chien et son fusil et allait errer près des étangs de la Combe, à la recherche d'un lièvre, d'une perdrix ou d'une alouette. Il avait l'habitude de s'asseoir près de la mare qu'il appelait, " Mare des Diablesses " et ses longues promenades éveillaient la curiosité de Mary. Hélas pour elle le malheur vint à la frapper car, pendant un hiver un peux plus humide que les autres, sa maman attrapa une mauvaise grippe et en mourut. N'ayant plus de moyen d'existence pour poursuivre ses études d'institutrice elle dut se résoudre à remplacer sa mère en devenant la femme de ménage du manoir.
Envolés les beaux rêves de mariage avec John, elle devenait sa servante !

John, malgré tout, l'assura de son intérêt pour elle et lui promit qu'à la mort de sa mère il l'épouserait et vivrait avec elle une vie de bourgeoise dans ce manoir.
Quelle promesse mais à quelle échéance ???
Les mois et les années passèrent et ils avaient peu d'occasions d'être seuls pour vivre leur amour naissant, la vieille mère faisant tout pour empêcher son fils de voir la belle Mary.
John en était devenu triste et un peu plus casanier qu'auparavant et il s'échappait des journées entières dans la campagne avoisinante. Mary quant à elle avait peu de temps pour lire ou rêver d'un futur plus radieux.

A l'automne, un drame survint à nouveau car un soir on ne vit plus revenir John !
S'était il perdu ? Avait il pris la mer comme son père ? Avait il rencontré ailleurs un amour qu'il n'osait pas avouer à sa mère ou à Mary ?

Moralité : Le bonheur est une parenthèse sublime dans une vie…..sachons l'apprécier quand il est là !!

Suite...

 




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