Quelques minutes plus tard, la famille au complet, soit 5 soldats
à l'uniforme roux et à la crinière en bataille,
se tenait à quelques enjambées du festin.
Tout était d'un calme étonnant, et même
en Suisse, ce calme là pouvait présager la tempête
ou bien alors un que l'il du cyclone s'était positionné
sur les rives du Léman, ce qui allait faciliter la curée.
Six parcs à lapin étaient là près
de la maison, et dans chacun d'eux, un lapin de couleur différente,
mais très bien nourri vu leur embonpoint, faisait la
grasse matinée.
Ces lapins à vrai dire n'étaient que distraction
pour les enfants que gardait la propriétaire qui exerçait
le métier de " maman de jour ".Ces lapins étaient
donc cajolés par les enfants et nourris de carottes,
biscuits et autres nourritures qui portaient plus à l'obésité
qu'à l'allure sportive ! Des lapins qui n'étaient
pas destinés à finir en civet mais à mourir
de leur belle mort au milieu d'humains très protecteurs.
Quelle aubaine
..des lapins grassouillets et qui n'allaient
même pas avoir de muscles pour se défendre ou détaler
quand l'attaque allait être déclenchée.
Mais alors que rien ne laissait présager la présence
d'un humain dans les parages, apparut soudain sur le balcon
de la maison voisine, une dame d'age mûr, enveloppée
d'un peignoir et de bigoudis !
Tous les regards se tournèrent vers le chef d'escadron,
c'est-à-dire Russo qui décida tout de suite :
- Renard3 (c'était le nom de guerre du petit dernier)
.
sors tes dents et plante toi sous l'escalier avec l'air le plus
menaçant possible pour éviter qu'elle ne descende,
nous on va abattre le troupeau de lapins de salon et après
repli en ordre, chacun apportant une victime dans sa gueule
! Exécution et vite !
Renard3, fier de sa tâche de garde arrière et de
" Sécuritas " de la famille, hérissa
son poil, sortit ses canines flambant neuves et grogna comme
une horde de loups affamés.
Devant cette menace terrifiante, la voisine resta pétrifiée
sur son balcon, ne prononçant plus un mot, n'esquissant
plus aucun geste.
Elle ne put qu'assister à une mise à mort orchestrée
comme dans le plus terrible des corridas
il
n'y manquait que la musique !